
Alix Lesrale, Jours sous soleil
Chronique — Castor Astral, 2026
Par Nadine Brunelot
Deuxième roman et la confirmation d’une voix singulière de la littérature contemporaine.
Alix Lesrale nous offre un livre brûlant de soleil, écrasé de douleurs partagées depuis des années, bouillonnant de non-dit et de silences. Même l’annonce de la maladie du père au début du roman ne déverrouille pas tensions et pulsions de Sébastien, Loun et Sam, la grande sœur, qui porte tout et tous.
« Jours sous soleil » fait entendre les voix de plusieurs personnages qui cherchent à s’atteindre, renouer le lien, tenter le dialogue malgré leurs enfermements et ce soleil qui crame tout.
Dans une écriture pulsée, comme un battement cardiaque d’un corps sous canicule, Alix Lesrale nous offre un roman qui serre la gorge. Parce que les relations familiales sont fragilisées car marquées par la perte, parce que la mort rode et cherche qui dévorer, parce que faire famille est parfois un risque douloureux à prendre, oui nos ventres se nouent et nos cœurs battent fort. Pourtant il y a des dessins de soleil partout sur les murs d’une chambre et l’amour et la mer…
« l’air est bouillant lourd
immobile comme
un couvercle
la ville cuit dans son propre béton
les feuilles de ses
quelques arbres ont brûlé
jauni ou complètement desséchées
elles tombent au sol en tapis brun
étouffent les bouches d’égout
et attendent la moindre étincelle »
