Textes de Marie-Paule TOOMS – Résidence avec Dane CUYPERS p (été 2021)

1• ECRITURE : ALLITERATIONS ET REALLITERATIONS

CF VERBIER de Michel VOLKOVITCH

Document extrait de JR Huguenin

Texte bourré d’allitérations en R . remplacer autant que possible les mots en R par des mots en S ; garder un sens proche tout en s’amusant… on peut s’aider d’un dictionnaire.

Sur le sentier les cerises se ramassaient à profusion. Des sarments serpentaient. Il s’aligna scientifiquement sur les pas de sa compagne ; laquelle dégustait sobrement les baies sanguinolentes. Subitement elle tomba ; il la rejoignit sans peine et entrepris sérieusement de sucer la petite plaie qu’elle s’était faite à l’occiput. « sale slovène scarifié » s’exclama-t-elle ; tes simagrées stupides ne masquent plus ta soif de sang ». Le sbire démasqué siffla et son souffle satanique souligna la sensuelle silhouette de Sophiane. « sacrebleu espèce de salope Sibérienne, crois-tu que je t’ai accompagné seulement pour tes stridences de crécelle ? » Sur ce, le soiffard assoiffé la saigna sauvagement.

2• Ecriture : JE L’AI TUE PARCE QUE :

Lister les raisons

« Parce que c’était la meilleure solution »

« Parce que il pense que sa vie a plus d’importance que celle d’un cafard »

Ecriture à la manière de Max Aub  … faire un texte court ; genre un feuillet… raconter une short story la fin c’est le crime…user et abuser des répétitions… il n’y a pas l’ombre d’une psychologie… pas de jugement de valeur… on écrit à la première personne et au passé.

On se retrouvait une fois par semaine chez moi entre midi et deux. Je sortais du boulot, je passais acheter deux sandwichs et hop en voiture direction la maison ; il me rejoignait et une heure après, chacun repartait de son côté ni vu ni connu.

 Un jour il m’a dit « ce serait mieux qu’on sorte pas ensemble de chez toi, on sais jamais si on nous voit, tu comprends ?» je lui ai dit « je comprends, tu habites à la joliette, mon appart il est à la pomme, et ta femme elle travaille à Aix… faudrait vraiment qu’on ai pas de chance… » Il m’a répondu : « la malchance justement ça existe ». Donc on partait plus ensemble, ça nous raccourcissait nos moments.

 Un jour il m’a dit « une fois par semaine, c’est trop, ma vie est compliquée, tu sais bien, faut qu’on espace nos rencontres, tu comprends ? » Je lui ai dit « je comprends, on peux se voir le soir, quelquefois entre cinq et sept, c’est bien connu que c’est un bon horaire pour les amants » ; ca l’a pas fait rire.

Un jour il m’a dit « ce week-end qu’on doit passer ensemble dans 15 jours, je vais pas pouvoir…beaux-parents qui arrivent … pas prévu …me fais chier …mais bon pas le choix tu comprends ? ». Je lui ai dit « je comprends, la prochaine fois, bientôt, tu promets ? » … IL a promis.

Un jour il m’a dit « faudrait qu’on arrête de se voir un moment, je t’aime, je t’aimerai toujours mais ma femme elle supporterai pas, toi forte, elle fragile…tu comprends ?

J’ai rien répondu. J’ai attendu qu’il ouvre la portière pour monter dans sa voiture et je l’ai poussé sur la route ; un camion arrivait ;

Je l’ai tué parce que c’était la meilleure solution.

3• ECRITURE : ELOGE DU ON

Expression de la condition humaine dans sa totalité. On est pas dans la norme. Pronom ambigu . Mot Verlainien par excellence.

À lire CAMILLE LAURENS « quelques-uns »

Contrainte : Ecrire un texte sans autre pronom que le « on » mais un texte personnel quand même : parler des bancs bleus dès le début.

Des bancs bleus flottaient là au rythme du courant ; Quand on est arrivé, on savait que le lieu était spécial : des gens vivaient ici, il y a combien de temps, ça on savait pas encore ; Nous tout ce qu’on voyait, c’était l’eau, la boue, quelques branches éparses, et ces deux bancs bleus. Ecaillés, décrépis, amputés. L’un, le pied coincé entre deux gros cailloux, supportait l’autre et l’empêchait de partir à la dérive. Nous on arrivait en canot depuis la station 7 Vaison. On était équipés des radars habituels. Ils pouvaient détecter les crocodiles géants qui avaient proliférés après les grandes inondations ; c’était quasiment les seuls animaux à avoir survécu et on devait les tuer. Mais on avait pas le choix. On était là à pomper, à gratter pour dégager ce qu’on pouvait encore sauver, ce qui restait. C’est qu’on avait bien morflé aussi nous les humains. Perdu les neuf dixième  de l’humanité en deux ans. Et pas que des inondations. Beaucoup c’étaient suicidés…ceux qui ne pouvaient pas vivre dans ce monde-là…qui le pourrait ?

(Marie-Paule TOOMS)

La plume et l'image

Association pour la promotion et l'animation d'ateliers d'écriture, sous toutes leurs formes.

Vous aimerez aussi...