Pandemic diaries

Journal entry April 10, 2021

Today I walked under a tunnel of wisteria in the park in Marseille, and tried to smell them, putting my nose deep in. Something from faraway said, I am wisteria. There was a couple sitting on a bench close to the wisteria tunnel. I could tell courtship was new. I asked them if they could smell the wisteria from the bench. They needed to be French to smile at me for that question without wearing a mask. But I was not scared, I had been vaccinated and I had had COVID. I am a superwoman who survived this. I asked the good looking guy if he could stand up, go to the wisteria, smell it for me, and tell me how strong the scent was. He smiled at the young woman who encouraged him to do so. He knew he could score high with her if he did the right thing with the old woman, me. He smelled the flowers awkwardly and blushed. “It is a very delicate scent, but it is strong,” he said. I thanked them, laughed, and told them I had lost the sense of smell. We said goodbye and I turned away, weeping. I cry all the time, it is not a big deal, but this time it was so romantic! I guess I would have changed the loss of smell, if I could change one thing in 2020, but then, how would I justify bothering a burgeoning love story with my strange question ?

Journal intime du 10 Avril 2021

Aujourd’hui j’ai marché sous un tunnel de glycines dans le parc à Marseille, et j’ai essayé de les sentir, mettre mon nez profondément dedans. Quelque chose m’a dit de loin, « je suis une glycine ». Il y avait un couple assis sur un banc à côté du tunnel de glycines. On pouvait sentir qu’ils étaient au tout début de leur fréquentation. Je leur ai demandé s’ils pouvaient sentir les glycines depuis leur banc. En bons Français, ils m’ont souri en réponse à la question, et ils ne portaient pas de masques. Mais je n’avais pas peur, j’avais été vaccinée et j’avais eu le COVID. Je suis une superwoman qui y a survécu. J’ai demandé au beau jeune homme s’il pouvait se lever, aller au tunnel et sentir les glycines pour moi, et me dire ensuite si la senteur était forte. Il a souri à la jeune femme qui l’a encouragé à y aller. Il savait que s’il faisait ce qu’il fallait là à la demande de moi, la vieille femme, il allait marquer un but spectaculaire avec elle. Il est allé sentir maladroitement les glycines et a rougi. « C’est un parfum très subtil, mais on le sent très distinctement », dit-il. Je les ai remerciés, j’ai ri et leur ai dit que j’avais perdu l’odorat. On s’est dit au revoir et je me suis éloignée en pleurant. Je pleure tout le temps, ce n’est pas grave, mais cette fois-ci c’était si romantique! Je suppose que si je pouvais changer une chose en 2020, ç’aurait été la perte d’odorat, mais alors quelle bonne excuse j’aurais trouvée pour déranger une histoire d’amour émergeante avec une question aussi étrange ?


Journal entry March 29, 2021

Yesterday, I got my first vaccine shot in Marseille. This morning, I woke up from a dream. I was with my sister, mom and grandma, seated and leaning against large cushions on a Persian rug. The rug covered a wooden bed, set up across a narrow mountain torrent in the north of Tehran. There was tea steaming on a samovar, and white fresh walnuts, along with slices of watermelon on a tray on the bed. Suddenly I felt I went to Isfahan, in the Chehel Sotoon palace. There was a long water basin in front of the palace, long like my Persian hair. Its numerous fountain water jets shuddered like my abundant curls. The water was soft and clean, I could wade in it when it was hot. It was refreshing. An alien animal showed up, a cross from the character and aspect of a female cat, dog and horse with the head of a magic taurus like the ones on top of Persepolis columns. She brought me unconditional love, freedom, suppleness, sweetness, closeness and melancholy. She said, “My dear daughter, your tears are like spring rain. They pour out. They protect you from keeping sorrow inside you and stopping your little heart. Enjoy them, let them run.” Since then, I am not afraid of weeping anymore. 

Journal intime du 29 mars 2021

Hier, j’ai reçu ma première dose de vaccin [COVID] à Marseille. Ce matin, je me suis réveillée d’un rêve. J’étais avec ma soeur, mère et grand-mère, assises et adossées contre des coussins larges sur un tapis persan. Le tapis couvrait un lit en bois qui était installé à travers un torrent de montagne au nord de Téhéran. La vapeur du thé sortait du haut du samovar, et il y avait des noix fraiches blanches, ainsi que des tranches de pastèque dans un plateau posé sur le lit. Soudain, j’ai senti que j’allais à Ispahan, dans le palais de Chehel Sotoun. Il y avait un long bassin d’eau en face du palais, long comme mes cheveux persans. Ses nombreux jets de fontaine tremblaient comme mes boucles abondantes. L’eau était douce et propre, j’aurais pu m’y baigner quand il ferait très chaud. C’était rafraichissant. Un animal étrange est apparu, un croisement du caractère et de l’apparence d’une chatte, d’une chienne et d’une jument avec la tête d’un taureau magique comme ceux au-dessus des colonnes de Persépolis. Elle m’a apporté de l’amour inconditionnel, de la liberté, de la souplesse, de la douceur, de la proximité et de la mélancolie. Elle m’a dit, « ma chère fille, tes larmes sont comme la pluie printanière. Elles se déversent. Elles te protègent du chagrin accumulé dans toi et empêchent ton petit coeur de s’arrêter. Apprécie-les, laisse-les couler. » Depuis, je n’ai plus peur de pleurer.

Golnaz Montagne