Christine Zottele

Titulaire du diplôme d’animation d’ateliers d’écriture en 2016.

Christine Zottele

Auteur, professeur de lettres, passionnée de lecture, notamment de plumes féminines, Christine Zottele anime pour les adultes et les enfants, seule ou en duo.

Elle s’est formée à l’animation d’ateliers d’écriture au DU de l’université d’Aix-Marseille (2015-2016).

Christine a animé pour La plume et l’image un cycle sur L’éternel féminin à Dugommier en 2016.

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Elle nous parle de l’atelier d’écriture qu’elle aimerait

J’aimerais bien un atelier d’écriture télépathique.

On écrirait vraiment sans accessoire et on lirait sans parler. Silence complet. Silence bruissant de bruits non humains. Silence et toutes les voix le traversant.

Je n’aimerais pas un atelier d’écriture à claquettes car je n’ai pas de chaussures à claquettes.

J’aimerais bien un atelier dans une piscine sans enfants éclabousseurs – on n’aurait pas besoin de tuer les enfants, d’autres solutions existent – avec rires éclaboussant de loin. Le corps en planche, aux deux tiers immergés, on dicterait son texte à un secrétaire particulier, assis sur le bord – on autoriserait le chapeau de paille et le bain de pieds, on ne serait pas des monstres.

Je n’aimerais pas un atelier d’écriture spéléologie, bien que j’aime les stalagmites et surtout les stalactites qui gouttent-à-gouttent. Ce serait frais mais j’aurais trop peur qu’un orage soudain…

J’aimerais bien un atelier à la machine à écrire. On serait alignés en plusieurs rangs comme dans ces films d’Hitchcock où des bataillons de dactylos au chignon impeccable, les jambes impeccablement serrées, le dos impeccablement droit frappent sur leur machine. L’animateur hurlerait les consignes dans un porte-voix ou un mégaphone et insufflerait la cadence, le tempo de la prose. Ce serait une écriture frappée au coin du bon sens.

Je n’aimerais pas un atelier alcoolisé. Tout le monde se prendrait  pour Bukowski ou Jim Harrison et ça finirait mal.

J’aimerais bien un atelier carnavalesque. Le thème donnerait le déguisement à adopter pour l’écriture et on n’aurait pas le droit de se mettre à nu.

Je n’aimerais pas un atelier d’écriture à la plume d’oie blanche.

J’aimerais bien participer à un atelier dans le Transsibérien tout un été ou tout un hiver. On donnerait les consignes à Moscou et on lirait les textes à Oulan-Bator. On lirait Cendrars et on serait heureux.

Gémenos, le 25/06/17